Profil

Ma photo
ღღღ "La terre est notre corps. Notre esprit vient du soleil et notre pensée est une étincelle du soleil." Proverbe Amérindien. ღღღ "La joie est en tout, il faut savoir l'extraire. "(Confucius) ღღღ "Il n'y a pas de formule magique pour réussir sauf peut-être une acceptation inconditionnel de la vie, et de ce qu'elle apporte..." Arthur Rubinstein ღღღ"

Radio Arcadie

mercredi 15 novembre 2017

Premiers frimas



Premiers frimas.



Les frondaisons se courbent sous les rafales hurleuses,
Frimaire se heurte à la rébellion de ramures frileuses,
Les feuillus flamboient de feuilles rubescentes et dorés,
Qui résistent au courroux de la Terre-Mère éplorée.

Les saisons tournent et Proserpine doit redescendre,
La Terre-Mère tempête et défie le plus vil des gendres,
Mais quoiqu'elle fasse le pacte bien scellé sera honoré
Et sa tendre fille rejoindra ce roi rustre et tant détesté.

Les journées s'assombrissent et la pluie nous glace,
Proserpine revêt à contre cœur son voile de disgrâce,
Elle s'effeuille doucettement à l'appel des souterrains,
Les arbres deviennent spectres et le ciel se fait vipérin.

La torche à la main Proserpine amorce son voyage,
Celui-là même qui lui demande de la force et du courage,
Car il lui faudra veiller à sauvegarder sa flamme intacte,
Être maîtresse des ombres avec sagesse et grand tact.

La Terre-Mère épuisée succombe au grand sommeil,
Dans la brume la Mégère des Glaces pince les oreilles,
Les Banshees vocifèrent dans les vallées et les marées,
Au crépuscule les Waroux se faufilent dans les fourrés.

Dés potron-minet les Meuniers du Ciel font leur office,
Au gré du vent ils épandent poudre de givre avec malice,
Couvrant les chaumes des premières dentelles argentées,
L'Hiver imminent dessine ses contours endiamantés.


Hélégia 15/11/2017
 

lundi 13 novembre 2017

«Aet eo gant an Anaon »

«Aet eo gant an Anaon »


 
La Nuit se lève souveraine sous son drap de brumes
Noctambules déambulent masqués et s'enrhument
ça tambourine ça sonne aux portes des chaumières
« Un bonbon ou un sort » chante l'esprit de brumaire.

La Nuit suzeraine étend sa longue traîne de givre
Noctambules déambulent errants et sans vivre
ça gargouille ça bafouille aux pavés de la misère
« Une pièce pour mangé » supplie une vaine prière.

La Nuit vilaine assombrit son lourd linceul de suie
Noctambules déambulent éthérés et en sursis
ça soupire ça s'éteint dans les impasses du glas
«Dormir, enfin ! Je vais dormir ! » murmure le trépas.

La Nuit sereine scintille dans son manteau d'étoiles
Noctambules déambulent masqués et se poilent
ça tambourine ça sonne aux portes des chaumières
« Un bonbon ou un sort » chante l'esprit de brumaire.

La Nuit suzeraine ouvre son lugubre cortège d'ombres
Noctambules déambulent blêmes dans la pénombre
ça crisse et ça cliquette dans les nuées profondes
« Nous oubliez pas » susurrent des âmes furibondes.

La Nuit s'élève souveraine dans son drap de brumes
Noctambules déambulent bienveillants ou malfaisants
ça murmure ça gémis sous le crachin des vents glacés
«Aet eo gant an Anaon » fredonnent les feux follets.





Hélégia – 31/10/2017
 

*«Dormir, enfin ! Je vais dormir ! »: petit clin d’œil au poète Alfred de Musset
* «Aet eo gant an Anaon » : "il est allé avec les Âmes"
  

lundi 9 octobre 2017

La luciole

La luciole.



La luciole vient s'attarder sur la ligne d'horizon où les dernières lueurs de soleil resplendissent. La lune ne tardera pas à pointer le bout de sa frimousse derrière ses rideaux sombres brodés d'étoiles et le moment sera propice à la rêverie. La luciole aime cet instant crépusculaire entre chien et loup où tout semble se figer en un souffle discret pour ne pas effrayer l'entrée des petites étoiles sur la scène céleste. Ce soir, c'est la pleine lune, la luciole va faire danser son âme au-delà de la porte des étoiles et se laisser voguer sur la frégate du rêve.


Notre luciole rayonne légère et pétillante ce soir, il y a bien longtemps qu'elle ne s'était sentie aussi joyeuse et sereine. Elle virevolte, elle s’enivre des premières lueurs de la lune qui dévoile peu à peu son denier parfait. La pleine lune a toujours cet effet hypnotique et fascinant que ce soit pour le profane ou l'érudit. De cette traction quasi électrique, notre petite étincelle de lumière ailée en est complètement assoiffée, elle se galvanise et se recharge jusqu'à s'en faire exploser les émotions à l’intérieur de sa petite carcasse fragile.


Bien posée sur le bord de la lucarne de son nid, notre petite poussière de lumière se laisse porter par l'onde de la rêverie qui apaise son cœur et ressource ses ailes abîmées par le temps. Elle voudrait que cette instant de plénitude s'éternise, se scelle au fond de son être et s’imprègne comme une marque au fer rouge des divinités célestes. Elle voudrait que le temps qui s'égraine bien trop vite soit suspendu à jamais à cette note magique et lunaire.


Une brise vient papillonner en un frisson sur la carapace frêle de notre luciole, l'automne s'installe et rappelle aux tricots chaleureux. Bien que l'on dise que les lucioles fabriquent leur propre lumière intérieure et qu'elles n'ont nul besoin d'aller vers une source de lumière pour vivre, notre luciole n'en mène pas large quand le froid la surprend. L'arrière saison est pourtant douce en chaleur mais les soirées se font fraîches pour les frileux. A contre cœur, la luciole quitte son point d'observation sans toutefois manquer de porter une dernière fois son regard vers la déesse qui rayonne et règne sublime sur ce royaume stellaire. Partir au-delà de la voie lactée, par delà la porte de ces étoiles scintillantes et toucher du bout des doigts ce miracle cosmique qui fait naître les galaxies et la clepsydre de la vie, tel est le rêve de notre petite étincelle…


La luciole quitte donc son point d'observation et vient s'échouer sur un grimoire ouvert et noirci d'arabesques folles qui courent entre deux illustrations. Ce grimoire fourmille de poésies, d'illustrations de plantes, des notes en tout genre, de magie, d'historiettes, de recettes et d'imagination. Quelques bougies illuminent la pièce et projettent de mystérieuses ombres chinoises sur les murs. Une armada d'êtres éthérés semblent s'y mouvoir dans une danse macabre et lente, la nuit cache toujours un linceul lourd de légendes en tout genre. Un jeu d'ombres et de lumières qui rend fou bien des écrivains et des poètes. Les muses peuvent être de parfaites alliées de création ou de parfaites despotes. Mais pour l'heure, la petite main galvanisée d'inspiration nouvelle reprend sa plume et poursuit ses quelques lignes inachevées. La luciole fait danser un peu de lumière céleste et nocturne sur le journal et peu à peu des êtres féeriques se mettent à vivre et à vibrer sur le parchemin.


Le blanc immaculé des pages lève l'ancre et se faufile au gré des flots azurés du temps. Parfois solaires et parfois tempêtes moult nuances pigmentées s'élèvent telles de belles vagues au cœur de l'océan de l'âme. Les lettres s'accouplent au fil de l'onde et s'harmonisent en une ballade exaltée où les maux sillons se fondent peu à peu en cicatrices pour laisser place aux émaux scions qui s'épanouissent avec exultation. L'âme de la petite plume semble à l'instar de ses comparses une hybridation entre papillon nuit et luciole. Son parchemin semble à la fois être piégé comme les papillons de nuit par les fragments de lumière distillés par l'obscurité et à la fois être attaché comme les lucioles à une volonté intérieure de faire jaillir la lumière du plus profond de son être.

Les mots s'alignent en une belle ligne d'horizon par delà laquelle se réveille la quintessence de l'espoir et du bonheur. Les griffes de la nuit, bien qu'effrayantes et mystérieuses, balaient bien des nuages contrairement à ce que l'on pourrait penser : de l'obscurité naissent les plus belles clartés.


Les yeux de la luciole picotent, d'humeur mutine le marchand de sable s'acharne sur les prunelles de la fée épuisée . A contre cœur, la luciole laisse le grimoire se refermer et retourne une dernière fois se poser sur le rebord de la lucarne. Du bout des lèvres, elle adresse une dernière prière de gratitude à la grande dame des cieux qui lui renvoie d'une caresse un peu de poussière d'étoile dans ses prunelles. Le cœur léger et serein, la luciole s'envole légère et se glisse réconfortée dans les limbes du sommeil.


La truffe bien au chaud, la luciole lovée dans sa tanière d'édredons redevient la renarde. Les vibrisses bien alertes elle part sonder les mondes de l'au delà, elle part à la quête de son arbre intérieur dont les cimes et les racines la relie à la lumière des dieux et du cosmos. Les pattes ancrées à la terre-mère et le cœur illuminé par la luciole, la renarde suit son fil d'argent qui la transporte au-delà de ses frontières corporelles. C'est toujours un instant troublant de se regarder dormir et de se laisser ensuite aspirer par les sentiers oniriques. Un vortex d'une légèreté souveraine, un fil d'Ariane et sous mes pas de « marcheur de rêve » s'ouvrent les portes de la conscience et des mondes supérieurs. Je ne sais combien de voyage la renarde et moi avons fait, mais j'aime courir ces sentiers du rêve avec elle et sa luciole. Elles sont moi et je suis elles, mes deux ailes invisibles à vos yeux. La renarde et la luciole, deux facettes totems en parfaite harmonie avec mon âme. Les mystères du jour et de la nuit m'initie au biorythme de l'univers grâce à elles. Gratitude... 

Hélégia 09/10/2017

lundi 2 octobre 2017

L'Automne ronronne.

L'Automne ronronne...



Une goutte d'eau scintille sur ma frimousse,
Une autre vient sautiller sur ma mèche rousse,
Une troisième soyeuse se love au creux de ma main,
Les suivantes joyeuses bénissent mon chemin.

L'Hiver ronronne de givre et de frisson,
Le Printemps ronronne de feu et de passion,
L’Été fébrile ronronne comme un gros chat,
Et l'Automne ronronne de brumes et d'éclat.

Derrière ses rides d'or et d'eau la Terre se flétrie,
Et se pare de ses plus beaux atours cramoisis,
Mes yeux s'émerveillent inlassables de l'Automne,
Mes oreilles de renarde aiment son chant syntone.

L'Hiver ronronne de givre et de frisson,
Le Printemps ronronne de feu et de passion,
L’Été fébrile ronronne comme un gros chat,
et l'Automne ronronne de brumes et d'éclat.

L'Automne est comme une pluie de rosée céleste
La distillerie des derniers éclats fauves et funestes
D'un soleil qui termine sa course des saisons,
Déposant dans nos mémoires son espoir et sa raison.

L'Hiver ronronne de givre et de frisson,
Le Printemps ronronne de feu et de passion,
L’Été fébrile ronronne comme un gros chat,
Et l'Automne ronronne de brumes et d'éclat.

Cristalline la pluie battante fait chanter les pavés,
Son chant ronronnant ruisselle sur les tuiles délavées,
L'Automne dans les cimes carillonne et fanfaronne,
Le vent effeuille d'une caresse mutine et ronronne.

L'Hiver ronronne de givre et de frisson,
Le Printemps ronronne de feu et de passion,
L’Été fébrile ronronne comme un gros chat,
Et l'Automne ronronne de brumes et d'éclat.

Tantôt la ronde des heures aura son drap de nuit déposé,
Sous le tapis carmin brodé d'or de l'Automne s'éveille,
La mémoire gravée et ossuaire des temps jadis oubliés,
Des ombres éthérées pour que les vivants se souviennent.

L'Hiver ronronne de givre et de frisson,
Le Printemps ronronne de feu et de passion,
L’Été fébrile ronronne comme un gros chat,
Et l'Automne ronronne sous les brumes du trépas...

Hélégia - 02/10/2017

ﻬஐTerre Sacréeஐﻬ